Transition énergétique en afrique : Les projets pétrogaziers face au défi du financement

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L’équation du financement 

Alors que les banques occidentales, les partenaires des majors et même les assureurs sont désormais réticents à investir dans les grands projets d’énergie fossile, y compris le gaz, les pays africains où des découvertes de gisement de pétrole et de gaz se multiplient, pourraient être confrontés à la problématique du financement. Le président de la Chambre africaine de l’énergie n’apprécie guère l’attitude « anti-africaine » des gouvernements et environnementalistes occidentaux tels que Greenpeace. 

Le double jeu des grandes banques 

Le tarissement des financements pour les énergies fossiles n’est pas pour demain. Même si plusieurs initiatives vont dans ce sens. Ainsi, certains pays riche (France, Grande-Bretagne) ou institutions financières (Banque européenne d’investissement) ont annoncé la fin progressive de leurs financements pour les énergies fossiles. Quoique ces initiatives publiques sont volontaristes,« elles restent néanmoins marginales au plan mondial et n’engagent pas les autres grandes puissances industrielles de l’Ocde (notamment les pays à fort potentiel miniers et/ou industrialisés que sont les États Unis, l’Allemagne, le Japon, le Canada, l’Australie) et encore moins les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) qui n’en tendent pas sacrifier leur développement industriel », explique Dr Pape Mamadou Touré. En contrepartie, les financements en faveur des Green Projects (énergies propres) restent nettement plus modestes, ce en dépit de leur tendance haussière ces dernières années. « On peut donc considérer que la stratégie des banques internationales s’oriente davantage vers l’équilibre des portefeuilles des industries des énergies fossiles et des « green portfolios » car il est peu réaliste de voir ces banques, cesser dans les pays de production extractive, les financements des industries du pétrole, du gaz et du charbon », explique Dr Touré.

Pas d’inquiétude pour GTA

Wall Street, la City, les agences de crédit à l’exportation voire certains pays développés s’inscrivent progressivement dans une dynamique de zéro investissement dans le capital de nouvelles sociétés impliquées dans l’exploitation de sources d’énergies fossiles et de désinvestissement progressif dans le capital des majors et autres entreprises impliquées dans l’exploitation des énergies fossiles pollueuses. Du coup, les nouveaux projets pétroliers et gaziers de l’Afrique (les 3 méga projets du Mozambique pour plus de 55 milliards d’investissement – notamment Mozambique Lng avec Total; Rovuma Lng avec Eni et Exxon; et au Sénégal et en Mauritanie, le gisement offshore Grand Tortue Ahmeyim (Gta) avec Bp& Kosmos dont les 2 pays seraient-ils menacés ? « Ces projets lancés ne sont pas affectés par les mesures publiques prise par certaines puissances européennes et leur institutions communautaires de supprimer le soutien public au financement de projets industriels à combustibles fossiles », soutient Pape Mmadou Touré. 

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